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Ateliers graffitis au lycée dauphiné



Les vendredis matins, depuis le mois de novembre, un groupe d’élèves de seconde se retrouve pour préparer de grandes choses ! Accompagnés par deux street artistes du collectif Sorry Graffiti, les 33 élèves du lycée du Dauphiné de Romans travaillent à la création de graffitis sur les murs de leur établissement. La Cordo qui organise ces ateliers est allée à leur rencontre !


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Vous travaillez, depuis plusieurs semaines sur les sujets des graffitis que vous allez réaliser. Quels sont les thèmes qui ressortent ?


« La liberté, la liberté d’expression, le racisme, les violences faite aux femmes, la violence en général. Mais aussi la pollution, l’écologie, la crise sanitaire et la situation actuelle, la difficulté à se projeter dans le futur, l’espoir, la cause LGBT. »


« Que des thèmes engagés. Ce sont des sujets un peu tabous, et c’était important pour nous de les aborder aujourd’hui. »


« Avec tous les problèmes en 2020, on avait besoin de parler de ces sujets. C’est important d’en parler. Pour essayer de faire changer les choses. »


« Ca nous intéressait de parler de sujets un peu sensibles, parce que ça nous concerne : on veut faire bouger les choses. On parle aussi de la situation actuelle parce ça nous touche : on dessine beaucoup de personnages avec des masques par exemple. »


Pourquoi ces sujets vous paraissent importants à afficher en grand sur les murs ?


« Plein de personnes du lycée vont pouvoir les voir, c’est une responsabilité. »

« C’est plus facile pour faire passer des messages. Surtout si ça a été fait par des jeunes de notre âge, des jeunes du lycée : c’est pas parce qu’on est jeune qu’on peut pas agir et être engagé ! »


Qu’est ce que représente le fait de tagger un mur et surtout un mur de votre lycée ?


« C’est cool ! Ca nous permet de pouvoir montrer notre travail aux autres, de laisser un peu une trace aussi dans le lycée une fois qu’on sera parti. »


« Faire réfléchir les autres, et montrer notre engagement avec des messages »



Vous êtes allés voir des murs graffés emblématiques de Romans et vous passez des heures d’ateliers avec des artistes graffeurs, votre vision de cette pratique a changé ? Vous avez appris des choses que vous ignoriez sur le tag et le graffiti ?


« On avait déjà étudié le graff en cours mais on en avait jamais fait. Le fait de passer par la pratique ça nous ouvre un peu l’esprit, on voit beaucoup plus ça comme de l’art. »


« Si par exemple on voit un graff engagé sur le thème du racisme, ça nous frappe beaucoup plus qu’un article dans le journal par exemple, c’est une autre approche. Ca permet de faire passer des messages de manière beaucoup plus directe. »


« On a appris que c’était une pratique qui se démocratisait aussi, avant le graff se pratiquait surtout dans l’illégalité. »



Un dernier mot sur ces ateliers ?


« C’est beaucoup plus difficile que ce que je pensais. On commence tout juste à s’entrainer à graffer et on se rend compte que c’est très complexe : plein de techniques différentes d’inclinaisons, d’ombre, de pression etc. dont on ne se rend pas compte quand on regarde un graff. »


« Je savais déjà que c’était dur, mais c’est encore plus dur ! Je vois pas comment on va réussir à graffer aussi bien, mais on a confiance. On s’entraine pour y arriver en tout cas. »

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Les mots de Vincent alias Sowanone. Graffiti artiste, créateur du collectif.


Pouvez-vous nous parlez du collectif Sorry Graffiti : depuis quand existe t’il et combien d’artistes en font partie ?


Le collectif est né en 2015. Aujourd’hui nous sommes trois à gérer les projets du collectif et nous faisons appel aux artistes professionnel du réseau Sorry Graffiti selon les projets et les sollicitations que nous recevons. Ce réseau compte une vingtaine d’artistes aux pratiques et aux spécialités très différentes.


En tant qu’artistes, que vous apportent ces ateliers de pratiques avec de jeunes amateurs·trices ?


Nous intervenons auprès de différents publics, dans différentes structures, et c’est à chaque fois une aventure humaine très enrichissante. Cela nous permet de partager notre passion, d'initier le public à notre pratique artistique, et de transmettre nos valeurs. Ces expériences nous permettent également de découvrir des univers auxquels nous n’aurions pas pu accéder.


La réalisation d’une oeuvre collective est elle plus longue mais aussi plus enrichissante ?


À l’origine de la création du collectif, il y a cette idée du faire et du vivre ensemble. Les fresques collectives sont d’abord des moments forts passés ensemble. Une maquette collective de la fresque est réalisée pour se donner une base, puis on garde une place à l’improvisation et l’adaptation lors de la réalisation finale.


Découvrez les oeuvres et les projets du collectif Sorry Graffiti sur leur site internet : SorryGraffiti.blogspot.com


Vous pouvez suivre Sowanone sur Instagram pour découvrir son travail : @sowanone

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